Visa E2 investisseur ou visa E2 employé ? Les termes sont proches, mais les conditions d’éligibilité ne le sont pas.
L’investisseur engage son capital dans une entreprise américaine qu’il vient développer et diriger. L’employé ne réalise pas d’investissement personnel. Il rejoint une entreprise E2 dans une fonction de direction, de supervision ou grâce à des compétences jugées essentielles à son fonctionnement.
Un recrutement par une entreprise détenue par un investisseur E2 ne suffit donc pas. La nationalité du salarié, celle de l’entreprise et la réalité de son poste doivent aussi répondre aux critères du programme.
Mis à jour le 7 août 2026 par Olivier Gruère, fondateur de Royal Cheese Agency. J’ai obtenu mon visa E2 investisseur en 2018 et j’accompagne depuis des entrepreneurs français sur la marque, le site et le lancement commercial de leur projet américain.
Cet article fournit des informations générales et ne constitue pas un conseil juridique. Faites valider votre situation et votre stratégie d’immigration par un avocat américain spécialisé.
Visa E2 investisseur et employé : une même catégorie, deux profils
La France fait partie des pays éligibles au visa E2 depuis l’entrée en vigueur du traité franco-américain le 21 décembre 1960.
La catégorie E2 couvre deux profils principaux :
- l’investisseur qui engage des fonds dans une entreprise américaine et vient la développer et la diriger ;
- le salarié d’une entreprise E2 qui occupe principalement des fonctions exécutives ou de supervision, ou qui possède des qualifications spéciales essentielles à l’activité.
Dans les deux cas, il s’agit d’un statut temporaire de non-immigrant. Le visa E2 ne donne pas directement accès à la Green Card.
Le visa E2 investisseur
Le visa E2 investisseur s’adresse au ressortissant d’un pays conventionné qui a investi, ou qui est activement en train d’investir, un montant substantiel dans une entreprise américaine réelle et opérationnelle.
Nationalité et contrôle de l’entreprise
L’entreprise doit avoir la nationalité d’un pays conventionné. Dans le cas d’une entreprise française, au moins 50 % de son capital doit appartenir à des ressortissants français.
L’investisseur doit aussi pouvoir développer et diriger l’entreprise. Ce contrôle est généralement démontré par une participation d’au moins 50 %. Il peut parfois reposer sur un autre mécanisme de contrôle opérationnel, à condition que ce pouvoir soit réel et documenté. Un simple titre de dirigeant ne suffit pas.
Investissement substantiel et fonds à risque
La réglementation ne fixe aucun montant minimum universel.
L’investissement est évalué par rapport au coût réel de création ou de rachat de l’entreprise. Plus le projet coûte peu cher, plus la proportion déjà engagée doit généralement être élevée.
Les fonds doivent appartenir à l’investisseur, provenir d’une source licite et être réellement engagés dans le projet. Une somme qui reste disponible sur un compte bancaire, sans engagement commercial, ne constitue généralement pas un investissement E2 suffisant.
Pour approfondir ce point, consultez notre guide complet du visa E2 investisseur.
Entreprise réelle, active et non marginale
L’entreprise doit produire des biens ou des services dans un but lucratif. Une société créée uniquement sur le papier ne suffit pas.
Elle doit aussi être non marginale. Elle doit avoir la capacité actuelle ou future de générer davantage qu’un simple revenu de subsistance pour l’investisseur et sa famille, ou apporter une contribution économique significative aux États-Unis.
Il n’existe pas de quota légal fixe d’emplois américains à créer. Les recrutements, les projections financières et le potentiel économique peuvent néanmoins contribuer à démontrer que l’entreprise ne sera pas marginale.
Durée du visa et durée du séjour
Le barème de réciprocité en vigueur prévoit actuellement un visa E2 à entrées multiples valable jusqu’à 48 mois pour les ressortissants français.
Cette validité ne correspond pas à la durée de séjour autorisée aux États-Unis. À chaque entrée, CBP accorde généralement une période de séjour pouvant aller jusqu’à deux ans. La date inscrite sur le formulaire I-94 est celle qui contrôle le séjour légal.
Le visa peut faire l’objet de nouvelles demandes tant que les critères E2 restent remplis. Chaque demande est réévaluée et son approbation n’est jamais automatique.
Le visa E2 employé
Le visa E2 employé permet à une entreprise qualifiée de faire venir certains salariés de la même nationalité conventionnelle que son employeur.
Le salarié ne doit pas investir personnellement dans l’entreprise. Il doit en revanche répondre à des critères précis liés à sa nationalité et à la nature réelle de son poste.
Les conditions liées à l’employeur
L’employeur et le salarié doivent avoir la même nationalité conventionnelle. Pour une entreprise française, le salarié doit donc être français et au moins 50 % de l’entreprise doit appartenir à des ressortissants français.
Si l’employeur principal réside aux États-Unis, il doit y maintenir un statut E valide. S’il réside en dehors des États-Unis, il n’est pas obligé de posséder personnellement un visa E2 actif, mais il doit pouvoir être qualifié comme investisseur E2.
L’entreprise doit elle-même continuer à remplir les conditions du programme E2.
Fonctions exécutives ou de supervision
Le titre inscrit sur la carte de visite ne décide pas de l’éligibilité.
L’administration examine la place du salarié dans l’organigramme, ses responsabilités, son pouvoir de décision, les équipes supervisées, sa rémunération et son expérience. Les fonctions de direction ou de supervision doivent représenter l’essentiel du poste.
Un intitulé comme « manager » ne suffit pas si les tâches quotidiennes restent principalement opérationnelles.
Employé aux compétences essentielles
Un salarié peut aussi être éligible s’il possède des qualifications spéciales dont l’entreprise a réellement besoin pour fonctionner efficacement.
L’évaluation porte notamment sur son expertise, la rareté de ses compétences, son expérience, sa formation, sa rémunération et la disponibilité de profils comparables aux États-Unis.
Cette qualification n’est pas automatiquement permanente. Certaines compétences peuvent rester essentielles pendant toute la durée de l’activité. D’autres ne le sont que pendant une phase de lancement ou de transmission à une équipe américaine.
Un statut lié à l’emploi autorisé
Le salarié E2 est autorisé à travailler pour l’entreprise et dans l’activité ayant justifié son admission.
Il ne peut pas commencer à travailler librement pour une autre entreprise. Un changement d’employeur ou une modification importante du poste peut nécessiter une nouvelle demande, une modification auprès d’USCIS ou une nouvelle procédure consulaire.
Il peut détenir des investissements personnels, mais il ne peut pas travailler pour sa propre entreprise sans disposer de l’autorisation adaptée.
Visa E2 investisseur ou employé : le comparatif
| Critère | Visa E2 investisseur | Visa E2 employé |
|---|---|---|
| Investissement personnel | Oui, substantiel et à risque | Non |
| Contrôle de l’entreprise | Doit développer et diriger l’entreprise | Aucun contrôle capitalistique exigé |
| Nationalité | Pays lié aux États-Unis par un traité E2 | Même nationalité conventionnelle que l’employeur |
| Rôle | Développement et direction de l’entreprise | Fonctions exécutives, de supervision ou compétences essentielles |
| Entreprise | Réelle, active, non marginale et détenue à au moins 50 % par des ressortissants du pays conventionné | L’entreprise employeuse doit elle-même remplir les critères E2 |
| Travail autorisé | Limité à l’entreprise E2 concernée | Limité à l’employeur et à l’activité autorisés |
| Validité du visa français | Jusqu’à 48 mois, entrées multiples selon le barème actuel | Jusqu’à 48 mois, entrées multiples selon le barème actuel |
| Séjour aux États-Unis | Généralement jusqu’à deux ans par admission, selon l’I-94 | Généralement jusqu’à deux ans par admission, selon l’I-94 |
| Famille | Conjoint et enfants célibataires de moins de 21 ans | Mêmes droits dérivés |
| Dossier | Investissement, contrôle, source des fonds, activité et non-marginalité | Nationalité de l’entreprise, qualification du poste et expérience du salarié |
Quel profil correspond à votre situation ?
Vous créez ou rachetez une entreprise américaine
Le visa E2 investisseur est normalement la piste à étudier. Vous devez engager votre capital, contrôler le projet et venir le développer sur place.
Vous recrutez un collaborateur français
Le visa E2 employé peut convenir si votre entreprise est française au sens du traité et si le salarié occupe réellement une fonction exécutive, de supervision ou essentielle.
Le seul fait que ce salarié connaisse bien votre entreprise ne suffit pas à le rendre éligible.
Vous travaillez déjà pour une entreprise française qui s’implante aux États-Unis
Le visa E2 employé peut être pertinent même si le propriétaire de l’entreprise reste en France. L’entreprise, le salarié et le poste américain devront chacun satisfaire aux critères E2.
Vous êtes salarié E2 et souhaitez lancer votre entreprise
Le passage du statut d’employé à celui d’investisseur n’est pas automatique. Votre nouvelle entreprise doit remplir l’ensemble des critères du visa E2 investisseur et faire l’objet de la procédure adaptée à votre situation.
Ce qui change dans la préparation du dossier
Le dossier d’un investisseur doit notamment documenter :
- la source et le parcours des fonds ;
- leur engagement réel dans l’entreprise ;
- la structure de propriété et le contrôle du projet ;
- l’existence d’une activité commerciale réelle ;
- le caractère substantiel de l’investissement ;
- la capacité de l’entreprise à ne pas rester marginale.
Le dossier d’un salarié se concentre davantage sur la nationalité de l’entreprise, l’organigramme, la description précise du poste et les qualifications du candidat.
Pour un employé essentiel, il faut expliquer pourquoi ses compétences sont particulières, pourquoi elles sont nécessaires aux opérations américaines et pendant combien de temps l’entreprise devrait en avoir besoin.
Notre article sur les étapes et les délais du dossier E2 détaille le déroulement général de la procédure.
La place de la marque et du marketing
Un site internet, une identité de marque ou un plan marketing ne sont pas des conditions juridiques autonomes du visa E2. Ils ne garantissent jamais son obtention.
Ils peuvent toutefois compléter les preuves commerciales du dossier : présentation de l’offre, lancement réel de l’activité, supports de vente, acquisition prévue et cohérence des projections. Le Foreign Affairs Manual cite notamment les documents publicitaires et commerciaux parmi les pièces susceptibles d’étayer l’existence de l’entreprise.
Le business plan du dossier E2 doit rester cohérent avec ce que l’entreprise montre réellement au marché.
Préparer le lancement de votre entreprise américaine
Votre projet est déjà cadré et vous avez besoin d’une marque, d’un site et d’un plan marketing adaptés au marché américain ? Découvrez notre accompagnement branding et marketing pour visa E2.
Vous préparez encore votre arrivée ou vous êtes dans vos 24 premiers mois aux États-Unis ? French Circle vous permet d’échanger gratuitement avec des entrepreneurs français qui connaissent déjà le terrain.
Royal Cheese Agency intervient sur le volet commercial et marketing. Pour le choix du statut, la préparation juridique et les démarches d’immigration, travaillez avec un avocat américain spécialisé.
Sources officielles
- Department of State : Treaty Trader and Treaty Investor Visas
- Department of State : liste des pays conventionnés
- Foreign Affairs Manual : 9 FAM 402.9
- Department of State : barème de réciprocité pour la France
- USCIS : E-2 Treaty Investors
Questions fréquentes sur les visas E2 investisseur et employé
L’investisseur engage son propre capital dans une entreprise qu’il vient développer et diriger. Le salarié E2 n’investit pas personnellement. Il travaille pour une entreprise qualifiée dans une fonction exécutive, de supervision ou grâce à des compétences spéciales essentielles.
Oui, dans le cadre d’un visa E2 employé. Le salarié doit avoir la même nationalité conventionnelle que son employeur et occuper un poste éligible. L’entreprise employeuse doit elle-même satisfaire aux critères E2.
Pas nécessairement. S’il réside aux États-Unis, l’employeur doit y maintenir un statut E. S’il réside à l’étranger, il doit pouvoir être qualifié comme investisseur E2, même s’il ne possède pas personnellement un visa E2 actif.
Il ne peut pas commencer librement chez un nouvel employeur. La nouvelle entreprise doit être éligible au programme E2 et une nouvelle demande ou autorisation peut être nécessaire. La procédure dépend notamment de la manière dont le salarié a obtenu son statut.
Le conjoint et les enfants célibataires de moins de 21 ans peuvent obtenir un statut dérivé. Le conjoint admis avec un statut E-2S est autorisé à travailler du fait de son statut et peut choisir de demander un EAD, sans que celui-ci soit systématiquement obligatoire. Les enfants peuvent étudier, mais leur statut dérivé ne les autorise pas à travailler.
Le barème actuel prévoit jusqu’à 48 mois et plusieurs entrées. Cette durée concerne l’utilisation du visa pour demander l’entrée aux États-Unis. La durée de séjour est déterminée séparément à chaque admission et figure sur le formulaire I-94.